Transférer des données vers une infrastructure locale, conserver l’accès aux services cloud mondiaux ou limiter certaines plateformes SaaS : les entreprises françaises avancent par étapes. Une étude commandée par Everpure détaille ces choix et les lacunes de préparation qui les accompagnent.
La souveraineté des données ne se traduit pas par un basculement uniforme hors des fournisseurs internationaux. Les organisations interrogées par Vanson Bourne pour le Global Data Sovereignty Report 2026 décrivent plutôt une série d’arbitrages entre localisation, fonctionnalités, contrôle et risques de perturbation.
Parmi les 300 organisations françaises sondées, 37 % ont déjà transféré la majorité ou la totalité de leurs données vers des infrastructures locales ou souveraines. Les répondants pensent que cette proportion pourrait atteindre 53 % dans les trois prochaines années. Dans le même temps, 81 % accepteraient de renoncer à certaines fonctionnalités avancées pour travailler avec un fournisseur cloud local ou souverain. Et 34 % limitent déjà l’utilisation de plateformes SaaS dont l’hébergement repose sur des infrastructures non nationales. Ces choix ne signifient pas nécessairement que les entreprises disposent d’un cadre global pour les orienter. L’étude indique que 58 % n’ont pas de stratégie formelle en matière de souveraineté des données. De plus, 62 % déclarent ne pas avoir de visibilité et de contrôle sur les personnes pouvant accéder à leurs données, les contrôler ou les gérer. La préparation opérationnelle ne suit donc pas toujours les décisions d’hébergement. Everpure recommande une approche dite « sovereign by design », fondée sur le niveau de risque associé à chaque ensemble de données, application et charge de travail. Le principe avancé par l’entreprise consiste à appliquer des règles de gouvernance et des contrôles en fonction des besoins propres à l’organisation, plutôt qu’à traiter toutes les données de la même manière.
Cette proposition s’accompagne d’une offre de l’éditeur. Everpure Data Intelligence permet, selon le communiqué, de découvrir, classifier et contextualiser des données présentes sur sa plateforme, dans des clouds publics, des applications SaaS et des systèmes de stockage tiers. Le fournisseur présente ces fonctions comme un moyen d’aider les organisations à prendre des décisions de gouvernance et de protection. L’étude relève que 41 % des entreprises interrogées citent les risques de cybersécurité comme un moteur de leurs initiatives de souveraineté. L’adoption de l’IA suit à 39 %, puis les nouvelles obligations réglementaires à 33 %. Les risques de perturbation liés à l’incertitude politique mondiale ou aux politiques économiques sont, eux, cités par 28 % des répondants comme facteurs déterminants.
Les résultats décrivent donc des trajectoires différentes : certaines organisations ont déjà déplacé une part importante de leurs données, tandis que d’autres en sont encore à formaliser leurs règles d’accès et leurs priorités. La question soulevée par le rapport porte autant sur le choix des infrastructures que sur la capacité à gouverner les données qui y circulent.
